Vous avez cliqué sur un lien frauduleux. Pas de panique : les bons réflexes dans les premières minutes limitent les dégâts. Voici, point par point, quoi faire selon les informations que vous avez transmises et comment sécuriser vos comptes, votre téléphone ou votre ordinateur.
Première étape : évaluer précisément ce que vous avez transmis
Avant toute chose, identifiez ce que l’escroc a potentiellement récupéré. C’est la clé pour prioriser vos actions.
- Avez-vous saisi des identifiants et mots de passe (messagerie, banque, réseaux sociaux, espace santé, impôts) ?
- Avez-vous communiqué vos données bancaires (numéro de carte, date d’expiration, CVC), validé un paiement ou transmis un code reçu par SMS ?
- Avez-vous installé une application ou accordé des autorisations inhabituelles après le clic (ex. profil d’installation, extension de navigateur) ?
- Avez-vous envoyé une pièce d’identité, un RIB, un justificatif de domicile, ou d’autres informations sensibles ?
Plus votre diagnostic est précis, plus vos démarches seront efficaces. Mémorisez les éléments visibles au moment du clic (adresse du site, numéro appelant, captures d’écran) : ils serviront pour vos contestations et signalements.
Réflexes immédiats utiles dans tous les cas
Appliquez sans attendre ces mesures générales, même si vous n’êtes pas certain d’avoir transmis des données :
- Fermez l’onglet ou l’application concernée et déconnectez provisoirement l’appareil d’internet si un fichier s’est téléchargé ou si un comportement anormal apparaît.
- Changez le mot de passe de votre boîte mail en priorité (il sert souvent de clé d’accès à vos autres comptes) puis réactivez ou activez la double authentification.
- Vérifiez vos boîtes de réception et règles de transfert automatiques dans votre messagerie pour repérer une redirection installée par l’attaquant.
- Repérez et supprimez toute application ou extension inconnue installée récemment. Mettez à jour votre système et lancez un scan antivirus/antimalware.
Cas n°1 : vous avez saisi des identifiants et mots de passe
Agissez vite, compte par compte, en commençant par les plus sensibles (messagerie, banque, comptes professionnels, services publics) :
- Modifiez immédiatement le mot de passe compromis et, s’il était réutilisé ailleurs, changez-le partout. Utilisez un gestionnaire pour créer des mots de passe longs et uniques.
- Activez la double authentification si elle n’était pas en place. Privilégiez une application d’authentification plutôt que le SMS lorsque c’est possible.
- Déconnectez les sessions actives et révoquez les appareils inconnus depuis les paramètres de sécurité du compte.
- Surveillez l’activité récente du compte et vos emails de sécurité. Toute tentative de connexion suspecte doit déclencher un nouveau changement de mot de passe.
Si votre compte principal (messagerie, compte cloud, réseau social) a été pris la main, effectuez dès que possible une récupération via le centre d’aide du service puis déposez un signalement et conservez les preuves.
Cas n°2 : vous avez transmis vos coordonnées bancaires ou validé un paiement
Si vos données de carte bancaire ont été envoyées ou si vous avez autorisé un paiement après le clic :
- Contactez immédiatement votre banque pour faire opposition si nécessaire et contester les opérations non autorisées. Demandez le remplacement de la carte si les données sont compromises.
- Signalez la fraude sur la plateforme Perceval une fois l’opposition faite, afin d’aider les autorités à enquêter. Notez la date et l’heure des débits frauduleux et gardez les justificatifs.
- Restez vigilant face aux « faux conseillers bancaires » : après un vol de coordonnées, d’autres fraudes par téléphone sont fréquentes. Ne validez jamais un paiement ou un virement sur simple appel, même si « l’appelant » connaît votre historique.
Surveillez vos comptes pendant les semaines suivantes. En cas de SMS ou d’appel indésirable lié à l’arnaque, signalez-le au 33 700 pour contribuer au blocage des campagnes frauduleuses.
Cas n°3 : vous avez installé une application ou ouvert une pièce jointe
Si une application s’est installée, si vous avez accepté un profil de configuration ou ouvert une pièce jointe louche :
- Désinstallez l’application suspecte et retirez le profil de configuration. Vérifiez les autorisations données récemment aux apps.
- Scannez l’appareil avec un antivirus/antimalware réputé. Si le comportement reste anormal, sauvegardez vos données puis envisagez une réinitialisation complète.
- Changez les mots de passe depuis un autre appareil sain et reconnectez-vous ensuite.
Sur mobile, certaines escroqueries tentent d’installer des malwares via des liens reçus par SMS. Méfiance si l’appareil chauffe, consomme anormalement de la batterie ou affiche des fenêtres inattendues.
Cas n°4 : vous avez envoyé une pièce d’identité, un RIB ou d’autres données sensibles
Vous pouvez être exposé à l’usurpation d’identité ou à l’ouverture frauduleuse de services à votre nom. Adoptez un suivi renforcé :
- Déposez plainte si l’usage frauduleux est avéré ou imminent, en joignant vos preuves.
- Prévenez les organismes concernés si le document est utilisé chez eux (banque, opérateur, administration) pour qu’ils ajoutent des vérifications complémentaires.
- Surveillez vos comptes et courriers et conservez toute anomalie. Gardez une trace datée de vos démarches.
Signaler l’arnaque pour couper la chaîne
Le signalement contribue au blocage des sites et numéros frauduleux et aide les enquêtes :
- SMS/appels indésirables : signalez au 33 700 ou via le formulaire dédié.
- Sites et emails de phishing : utilisez une plateforme de signalement spécialisée afin de faire analyser le message et faire bloquer le site frauduleux.
- Contenus illicites : signalez sur la plateforme PHAROS si nécessaire.
- Besoin d’un parcours guidé : décrivez la situation sur la plateforme 17Cyber pour obtenir un diagnostic et la liste des actions adaptées à votre cas.
Conservez toutes les preuves du hameçonnage : message reçu, captures d’écran du site, adresse web, numéro appelant. Elles seront utiles pour votre banque, pour un dépôt de plainte ou pour les signalements.
Porter plainte et faire valoir vos droits
Vous pouvez porter plainte au commissariat, en gendarmerie, ou par courrier au procureur. Remettez les copies des messages et captures d’écran, ainsi que les références de vos signalements. Si un préjudice financier existe, demandez un récépissé. Côté bancaire, suivez les consignes de votre établissement pour la contestation des opérations non autorisées et conservez la chronologie de vos démarches.
Trois scénarios fréquents, et quoi faire tout de suite
1) « J’ai saisi mes identifiants de messagerie »
Changez le mot de passe de votre messagerie immédiatement, révoquez les sessions, supprimez toute règle de transfert inconnue et activez la double authentification. Ensuite, changez les mots de passe des autres services où vous réutilisiez le même secret.
2) « J’ai entré ma carte bancaire sur un faux site de livraison »
Appelez votre banque pour opposition et contestation, signalez la fraude sur Perceval, puis surveillez vos comptes. Signalez le SMS au 33 700. Restez prudent face aux appels ultérieurs d’un supposé « conseiller » qui demanderait de valider d’autres opérations.
3) « J’ai installé une appli après un SMS du « service client » »
Désinstallez l’application, retirez tout profil de configuration, scannez l’appareil, changez vos mots de passe depuis un autre terminal sain et, en cas d’anomalies persistantes, réinitialisez l’appareil après sauvegarde.
Prévenir la prochaine tentative
Sur ordinateur comme sur mobile, ne cliquez pas sur les liens reçus par message pour accéder à un service : tapez l’adresse officielle dans votre navigateur ou utilisez vos favoris. Méfiez-vous des demandes urgentes, des remboursements « inattendus » ou des colis « bloqués » qui exigent un paiement minime. Mettez à jour vos appareils, activez la double authentification et adoptez des mots de passe longs et uniques. Un dernier réflexe simple à la maison : lorsqu’un doute survient, posez le smartphone, respirez, et vérifiez l’adresse du site sur un autre appareil avant toute action.
Agir vite, documenter vos démarches et signaler les tentatives sont vos meilleurs atouts pour limiter l’impact d’un clic malheureux et empêcher que d’autres se fassent piéger.
Sources
Service-Public.fr : Hameçonnage (phishing ou vishing) : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34800
Cybermalveillance.gouv.fr : Que faire en cas de phishing ou hameçonnage ? : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/hameconnage-phishing/2e844784-f440-418c-8d8e-ed5556bb2376
Cybermalveillance.gouv.fr : Comment signaler un mail de phishing ou d’hameçonnage ? : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/comment-signaler-un-mail-de-phishing
impots.gouv.fr : Comment réagir en cas d’arnaque ou d’utilisation frauduleuse de vos données personnelles ? : https://www.impots.gouv.fr/comment-reagir-en-cas-darnaque-ou-dutilisation-frauduleuse-de-vos-donnees-personnelles